13 septembre 2015

Kyoto - Des wagashi aux manga en finissant par Fushimi Inari Taisha (伏見稲荷大社)

Kyoto - Des wagashi aux manga en finissant par Fushimi Inari Taisha (伏見稲荷大社)

Voici le dernier billet sur Kyoto, et ainsi nos dernières visites.

Très franchement, 3 jours à Kyoto c’est beaucoup, beaucoup trop court tellement cette ville est riche. Nous aurions pu y rester toute la durée de nos vacances (soit 15 jours), sans refaire plusieurs fois la même chose et en ayant encore manqué des lieux à voir.

Bref, en ce dernier jour à Kyoto, nous nous sommes dit qu’il faudrait que l’on y revienne un jour !

A notre arrivée à Kyoto, j’avais déjà l’idée et planifié sur nos 3 jours une matinée pour apprendre à faire de wagashi. Passionnée de pâtisserie, il fallait bien que je m’essaie à la pâtisserie japonaise !

Wagashi est le terme générique pour nommer la pâtisserie japonaise traditionnelle. Nous sommes ici très très loin de la pâtisserie à la française. Il n’est pas difficile de trouver au Japon des cours de cuisine japonaise, mais cela l’est un peu plus lorsqu’il s’agit de pâtisserie japonaise, soit de « wagashi » (和菓子) surtout si on recherche un cours en anglais (oublions le français !).

Avant de partir, j’ai longuement recherché une adresse pour une approche intéressante et dans les règles de l’art (il en existe sûrement d’autres). C’est comme cela que je suis tombé sur la pâtisserie « Kanshundo ».

Je vous avoue que je n’ai pas tenté de les appeler pour réserver un cours : leur site web même si un peu en anglais laissait à penser que l’anglais n’était que de façade… ce qui est assez proche de la réalité.
J’ai donc été en arrivant à Kyoto, à l’Office du Tourisme pour m’aider à faire une réservation, ce qui m’a confirmé que l’anglais ne serait pas la langue du cours mais que nous aurions une fiche explicative en anglais.
Au final, le Maître wagashi qui nous a fait le cours, certes a fait son cours en japonais (il faut dire que nous étions les seuls étrangers dans l’assistance), mais il a fait beaucoup d’efforts et a usé de beaucoup de patience pour trouver les mots en anglais pour nous expliquer, et surtout est resté très proche de nous pour nous montrer et corriger nos gestes.
Même avec cette barrière de langue, ce fût une extraordinaire expérience.

La réservation étant faite, la localisation du lieu du cours donnée par l’Office de Tourisme de Kyoto, il ne restait plus qu’à se lever tôt puisque nous avions pris le 1er cours de la journée.

Avant de commencer notre périple de la journée, juste une petit image intérieure du bus : beaucoup de gens me disent avoir peur de voyager seul au Japon en raison de la barrière de la langue ou de l'écriture. Dans les grandes villes et généralement dans les transports, beaucoup d'effort ont été fait ces dernières années afin de permettre aux touristes de s'y retrouver.
La plupart des affichages sont en plusieurs langues (ici on retrouve de l'anglais et du coréen) et les noms des stations sont souvent écrites en lettres européennes ce qui permet de facilement retrouver son arrêt.
De plus, les chauffeurs de bus, de tramway, de taxis japonais sont extrêmement serviables et aidant, on trouve toujours quelqu'un pour aider et vous diriger, et même vous emmener.

Arrivée à notre destination en bus, le trajet entre l'arrêt de bus et la pâtisserie nous a permis de découvrir un quartier de Kyoto très loin des sentiers touristiques, un quartier que je qualifierais de résidentiel. 

Anecdote en chemin : un distributeur de piles électriques.

Ce quartier nous a beaucoup fait penser aux quartiers que l’on retrouve dans certains mangas japonais, avec les petites rues étroites, ce qui explique la taille des voitures et des camions.

Toujours les étonnants fils électriques et téléphoniques.

A cette heure, les magasins étaient encore fermés ou ouvraient tout juste. La vie du quartier commençait.

Arrivé dans les locaux de la pâtisserie « Kanshundo », on nous donne un tablier, nous nous lavons les mains et montons dans la salle de cours.

 

Là nous attends notre matériel et la fiche technique (ici en japonais, mais nous en avons eu une en anglais par la suite).

A la base des wagashi, on trouve généralement les ingrédients de base suivant : sucre, riz, farine, et le « An » : an rouge (Azuki) ou An blanc (haricot blanc) que l'on peut voir sur l'assiette avec le matériel.

Si la composition des wagashis différe peu d’un wagashi à un autre, l’intérêt est surtout leur forme (fleurs, fruits, formes abstraites…) et leur symbolique qui suivent les saisons. On pourrait penser que ce n’est que du modelage, mais c’est bien plus que cela, c’est une manière d’être en harmonie et de suivre les saisons.
L’art du wagashi car je pense que l’on peut parler d’art avant de parler pâtisserie, est un summum du raffinement à la japonaise. Les wagashis sont tous faits à la main, il n’y a aucune mécanisation, la confection des wagashis étant très normalisée et toute en délicatesse.
Le Wagashi n’est pas consommée comme un dessert après le dîner. Ils sont mangés normalement dans l’après-midi avec du thé. Le goût peu prononcé ou subtil des wagashi ne doit pas écraser celui du thé qui est l’élément essentiel de la cérémonie du thé et en même temps se marier parfaitement avec ce dernier.
Même si le wagashi est petit par sa taille, il ne s’agit pas d’un gâteau bouchée, mais d’un gâteau que l’on déguste. On parle plus de pâtisserie pour adultes « qui a le don de faire fleurir le vide ».

L’objectif sera de réaliser 4 wagashis (dont un extrêmement simple). Nous n’apprendrons pas à réaliser la pâte, le cours consiste à apprendre à modeler les formes des wagashis objet du cours

  

A gauche : des Higashi kizato (干菓子 生砂糖) : mélange de sucre et de farine de riz - cela donne un wagashi sec qui se conserve assez longtemps.
Ici des feuilles d'érable du Japon : Kaede (楓)

A droite : des Jo-Namagashi Nerikiri (上生菓子 練り切り) : mélange à base de haricots blancs, sucre et farine de riz. Cette pâte est facile à sculpter, comme une pâte à modeler.
ici des Otowa-no-kaze : feuilles d'érable
Ce sont des wagashi frais, qui ne se conservent pas et se mangent dans la journée avec un thé matcha.

 

Confection de Jō namagashi kinton (上生菓子)
Ici des ranman (爛漫) que l'on peut traduire par "pleine floraison"

  

Le dernier de la série (sur la photo de droite en haut) :
un Jō namagashi Uiro (上生菓子 "ういろう) : mélange à base de mélange de sucre, poudre de riz, et kudzu, fourré à la pâte de haricot rouge.
Ici en forme de mizuurumu.

Le cours terminait, on nous sert un thé matcha pour déguster un de nos wagashis, et nous empaquetons les 3 autres que nous pourrons déguster dans la journée. Les wagashis étant frais et fait généralement à la demande, ce ne sont pas des pâtisseries qui se conservent… Enfin pour tout vous dire, nous en avons gardé une partie pour le lendemain – pas très japonais cela – mais ils étaient encore très bons ;o) Ah ces européens ! Pire ces français !

Après le cours, nous passerons à la pâtisserie afin d’acheter quelques gâteaux secs souvenirs, de quoi rapporter en France :o) dans une jolie boîte souvenir.

Il est temps de quitter ce quartier, de reprendre le bus et d’aller en direction de notre prochaine visite de la journée : une visite pour nos filles ! 

En chemin, on notera le marquage au sol... Discipline oblige, mais au final pas très respecté.

Mais avant cela petite pause déjeuner dans un self-service à la japonaise, qui me donne l’occasion d’une petite recette dont vous trouverez le lien à la fin de ce billet.

   

Le déjeuner terminé, direction le Musée international du manga de Kyōto (京都国際マンガミュージアム).

Je vous avoue que mes filles en rêvaient, cela fait partie des aspects de la culture japonaise que nos enfants ou adolescent adorent. Mais au Japon, le manga n’est pas une simple BD d’adolescent, et je vous invite à lire certains manga pour découvrir que c’est un genre littéraire extrêmement riche. Vous n’aurez ici que la photo de la devanture du musée… copyright oblige les photos sont interdites dans le musée, sauf dans une seule pièce représentant une salle d’opération en l’honneur d’un personnage médecin du manga………… 

Si vous ne parlez pas japonais, certes vous n’aurez pas accès au plus de 300 000 ouvrages que le musée conservent, mais une partie du musée est consacrée aux traductions dans différentes langues de certains manga, dont quelques centaines en français ou anglais.
Par contre, c’est l’occasion de voir comment travaille les mangaka (dessinateur de manga), qui là aussi même s’ils ne parlent pas tous anglais, prennent le temps et la patience pour vous montrer comment on réalise les dessins manga.

Vous pourrez si vous avez beaucoup de temps ou arrivez très tôt, faire faire votre portrait façon manga… un très grand regret car nous n’avions pas le temps d’attendre aussi longtemps !
Au moment où nous y étions nous y avons aussi découvert une superbe exposition traduite en anglais sur les liánhuánhuà (连环画), bandes dessinées traditionnelles chinoises.

Bref, cela vaut le détour même si on n’en profite pas autant que si nous avions parlé japonais !

Il est temps de repartir pour la prochaine étape de la journée... On change de décors pour partir dans le sud de Kyoto.

Direction Fushimi Inari Taisha (伏見稲荷大社), le sanctuaire aux milles toris.

Il est possible d'y aller en bus ou en train de banlieue. Et que ce soit l'un ou l'autre, quelle bonheur d'avoir des transports à l'heure et propres (pour ceux qui connaissent Paris je pense que vous me comprenez).

Le 1er plan est tout en japonais, nous sommes sur le bon chemin.

Fushimi Inari Taisha (伏見稲荷大社) est un sanctuaire shinto fondé en 711 et dédié aux divinités de l'agriculture et plus particulièrement au kami Inari.
Pour les cinéphiles, on le voit apparaître dans le film les "Mémoires d'une Geisha"

Le Honden : bâtiment principal du temple.

Rômon du sanctuaire Fushimi Inari

 

Inari (稲荷神) est à la fois le kami mâle de la nourriture et le kami femelle du riz, on parle de "Dieu du riz" ou "Dieu des récoltes et des grains". On dit qu'au printemps il/elle descend des montagnes vers les rizières.
Le kitsune () représenté par un renard est son messager. Vous en verrez partout dans le sanctuaire, c'est l'animal du lieu. Il porte généralement dans sa gueule des brins de riz.

Ici aussi on fait des grues en papier (comme à Hiroshima)

Le kitsune () : le renard, messager du Dieu Inarii

  

On vient ici certes pour les bâtiments, mais surtout pour les allées de torii.

Comme tous les torii, il représente un portail shinto symbolisant la frontière entre le monde réel et le monde sacré.
De nouveau, vous lirez partout que ces torii sont rouge vermillon... Je dirais qu'ils sont là encore plus orangé que rouge. Question de vision encore une fois !

Bien souvent appelé temple des milles torri, il s'avère en fait qu'il y a environ 10 000 torii qui constituent les différentes allées du temple. De quoi faire de belles photos... mais rarement sans personne.

  

  

Plusieurs allées ménent au même endroit, ce qui donne des perspectives très intéressantes.

Mais qu'est-il donc écrit sur les toriis ?

Les torii sont ici des dons faits par des particuliers, des familles et surtout des entreprises. Le nom des donateurs et la date de la donation figurent sur un des côtés des montants. De nos jours, outre d'être le Dieu de l'agriculture, Inarii est aussi devenu au fil du temps le "Dieu des entreprises", d'où le grand nombre d'entreprises donatrices dans le sanctuaire.

Cette coutume d'offrir un torii date de l’ère d’Edo. Les personnes qui ont eu leur vœu réalisé ont pour coutume d’offrir un nouveau torii au sanctuaire.


On trouve même à certains endroits un petit panneau avec le prix des torri suivant leur taille.

  

Comme partout on retrouve les portiques à ema, ici en forme de tête de renard. Les ema sont des petites tablettes de bois votive portant une image d'un côté et derrière laquelle on écrit une prière. Ici elles sont décorées avec des dessins maga.

  

Petit temple à mi-parcours, toujours avec kitsune () le renard messager.

  

  

  

Comme dans les autres temples shiinto, on trouve aussi des allées de petites lanternes de pierre.

Nous avons passé 18h - 19h, tout est fermé... et le monde est parti.

Hishaku : louches pour se laver les mains et se rincer la bouche avant d'entrer dans les sanctuaires pour prier.

   

Petit guide d'utilisation des Hishaku : pour ceux qui m'ont posé la question, comme le montre le dessin, on ne boît pas avec l'Hishaku. On verse l'eau dans sa main et on se rince la bouche.

Il est temps de reprendre le chemin pour le centre de Kyoto. On notera les petits fanions sur le poteaux avec le Kitsune.

Pour plus d'infos, je vous mets ici les liens qui m'ont permis de préparer ma visite à Fushimi Inari Taisha, au musée du manga et de réserver un cours de pâtisserie japonaise :

- cours de wagashi : pâtisserie « Kanshundo »
- pour le musée international du manga : en français
- pour Fushimi Inari Taisha : le site de Kanpai ! et de Vivre le Japon en français


Pour accompagner ce billet, une recette très populaire au Japon et très facile à faire. Elle plaira aussi au plus grand nombre, car elle n'est pas complétement co-notée japonaise puisqu'il s'agit de la version japonaise des croquettes de pommes de terre :

 Korokke (コロッケ)

 Contrat Creative Commons Tous les textes et photos contenus sur ce blog sont la propriété de Sandrine Chauvin, alias Sbc sur ce blog ou Macaronette et Cie sur mon blog de cuisine.

Posté par Totchie à 11:49 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
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Commentaires sur Kyoto - Des wagashi aux manga en finissant par Fushimi Inari Taisha (伏見稲荷大社)

    De très belles photos et un article intéressant que j'ai eu plaisir à parcourir!

    Posté par prici, 14 septembre 2015 à 09:14
  • Sympa tes photos

    J'adore le Fushimi Inari Taisha, je le trouve vraiment sublime et unique en son genre

    Posté par Gaijin au Japon, 16 septembre 2015 à 18:14
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